Des madeleines de papier

Lorsque j’ai évoqué avec mes enfants que j’allais lire des livres dans les écoles, leur réaction fût unanime : »Tu dois leur lire Ranelot et Bufolet ! ».

Afficher l'image d'origineSpontanément, des lectures que nous leur faisions, ma femme et moi, a émergé ce souvenir précis. Nous avions inscrit dans leur mémoire (leur inconscient ?), un temps inaltérable, des moments joyeux que nous passions avec un livre.
Bien sûr, j’ai ressorti « Ranelot et Buffolet », recueil d’histoires courtes, qui raconte l’amitié incongrue entre une grenouille et un crapaud. Inutile de préciser que l’ouvrage fût bien accueilli.
Mais pourquoi ? Parce que les histoires sont bonnes ? Parce que je les ai portées d’une manière plus intime, chargée d’émotion ? Un peu de tout cela sans doute…
La lecture à voix haute est un moment de partage. Dans le cas de Ranelot et Bufolet, j’ai raconté l’histoire de l’histoire à ces enfants. J’ai puisé dans mon vécu pour l’offrir à ce public et nous avons ajouté une dimension à notre séance : les enfants en me connaissant autrement, et moi en faisant un lien (factuel) entre le lecteur-parent et le lecteur-institutionnel.
En cherchant bien, nous avons tous des livres cultes dans notre roman personnel, et quelquefois, cela peut donner une envergure nouvelle à notre engagement pour Lire et faire Lire.
Nous pouvons montrer qu’un livre, ce n’est pas seulement un (bon) moment passé ensemble, mais aussi un petit morceau de notre histoire, histoire que nous construisons ensemble, les enfants et nous.

Lire à voix haute ?

La lecture à voix haute c’est quoi ? Bizarrement il est plus facile de dire ce qu’elle n’est pas : elle n’est pas conter, elle n’est pas interpréter.
C’est peut-être faire entendre et partager la musique des mots, la respiration des ponctuations, le rythme de l’action, les émotions des protagonistes de l’histoire. Mais en s’attelant au texte, en respectant le support à la lettre.
Lire la suite