La Leçon

Nous avions rencontré l’illustratrice, Kris DI GIACOMO lors d’une formation « Un genre, un auteur ». A cette occasion elle nous avait fait part de sa grande complicité avec l’auteur Michaël ESCOFFIER . Couple infernal dont la créativité et le talent avaient ravi les stagiaires. C’est avec un titre classé  dans « Les Albums des Grands » par les bibliothécaires angevines que nous avons récemment retrouvé le tandem. Son titre, « La Leçon » (Éditions Frimousse),  est, à lui seul, tout un programme…

Le script :

Un homme seul élève des poules autour de sa maison isolée dans un bois. Un loup vient régulièrement prélever sa part du poulailler. L’homme enrage et souhaite la mort du prédateur. Il pose des pièges autour de son habitation. Armé de son fusil, il monte la garde toutes les nuits. Enfin, la bête revient, il se précipite, tire,… mais le coup s’égare et il se prend dans les mâchoires de son propre piège, qui se referme sur son pied. Agonisant, son arme hors de portée, il se retrouve prisonnier face à  son ennemi. Leur affrontement verbal tourne autour de qui, de l’homme ou de la bête, devra mourir.
Mais est-il  nécessaire que l’un des deux meure ?
A l’humiliation de l’homme, le loup répond par le bon sens ; après lui avoir rendu son arme dans laquelle reste une dernière cartouche , il lui explique les enjeux de la situation : Selon son choix d’être humain, cette dernière cartouche pourra soit délivrer l’homme en brisant les mâchoires du piège (et le loup sera sauf), soit tuer son mangeur de poules ( mais alors il mourra prisonnier de son propre piège et le loup , mourra aussi, n’ayant plus de volailles  à manger).
En définitive , n’ont-ils pas besoin l’un de l’autre pour survivre comme le lui suggère avec sagesse la bête?

Quel sera le choix de l’Homme ?
Une  » Leçon » pleine de philosophie, dont la conclusion est suggérée, et peut ouvrir le débat avec les enfants.

L’illustration :

Tour à tour, claire et sombre.  Spécialiste des montages graphiques sur ordinateur, Kris DI GIACOMO s’est armée de pinceaux et de feutres pour donner des ambiances sereines, sombres, désespérées ou angoissantes au fur et à mesure que l’intrigue avance. Utilisant des formes symboliques ou qui rappellent les ombres chinoises, elle crée un univers fortement suggestif qui donne toute sa force  au récit.

L’animation de la séance de lecture :

Lors de la formation évoquée plus haut, les bibliothécaires angevines avaient organisé des ateliers basés sur des reproductions d’albums de Kris DI GIACOMO, le but étant d’imaginer (de retrouver ?) l’histoire de l’album.
La publication des « instruments » de cette animation pose des questions de droits qui sont en cours de traitement, droit de reproduction principalement. Nous ne savons pas quelle sera l’issue de nos démarches, nous reviendrons vers vous pour vous en communiquer les résultats.